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Monday 10th of August 2020
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Commémoration d'Achoura

Commémoration d'Achoura

Commémorer le martyre de Karbala', est prescrit par la religion immuable de la nature divine

Dans cette Religion immuable, tout être qui incarne une de ces perfections est, dans cette mesure même, un "temple de la Perfection"; tout endroit où l'une de ces perfections fut réalisée est, dans cette mesure même, un lieu d'épiphanie et de manifestation de la divine Perfection; tout moment où s'est accomplie une de ces perfections est, dans cette mesure même, une Nuit de Valeur dans laquelle est descendue la Perfection divine et l'un des Jours de Dieu qu'il convient de commémorer:

‹‹Fais sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière et rappelle-leur les Jours de Dieu: il y a en cela des signes pour tout [homme] plein de patience et de reconnaissance.››
(Cor. s.14 v.5)

Or, quel jour, depuis que le monde est monde, a vu autant de qualités humaines, autant de vertus morales et autant de perfections réunies en un seul lieu que le jour de 'Achoura'? Il suffit de lire le récit des événements de cette journée grandiose, des jours qui la précédèrent et de ceux qui la suivirent pour prendre conscience qu'aucun autre jour ne vit, concentré en un même lieu, tant de grandeur humaine et tant de noblesse d'âme.

Et puis y aurait-il, en dehors de Karbala, un lieu de notre planète qui aurait été témoin d'un journée aussi grandiose, brillant de tant de grandeur d'âme et de tant de fidélité, de tant d'abnégation et de tant de courage, de tant de persévérance et de tant de sincérité, de tant d'amour et de tant de miséricorde et de tant d'autres vertus et perfections humaines? Où donc, depuis que le monde est monde, ont été réunies en un même moment autant de perfections divines? Où donc resplendirent tant de vertus et de bontés au milieu des ténèbres de tant de vices et de méchancetés?

Encore une fois, il suffit d'en connaître quelque peu le récit pour comprendre que Karbala vécut une épopée unique.

Et face à ces perfections réunies, quel jour ou quelle terre aurait été témoins de tant de vices et de défauts, d'autant de mal concentré? Trahison et vilénie, ambition et fourberie, vénalité et concussion, méchanceté et brutalité, ingratitude et mesquinerie, mensonge et injustice, égoïsme, rancoeur et haine, et tant d'autres enténèbrements de l'âme et du coeur humains? En ce jour de 'Achoura, en cette terre de Karbala, les manifestations des Perfections divines ont brillé d'un éclat qu'aucun jour ne connut avec autant tant d'intensité, et cela au milieu de ténèbres si noires et maléfiques qu'aucune nuit ne vit jamais si sombre obscurité...

En ce jour de 'Achoura, en cette terre de Karbala, le bien était si juste, si pur et si parfait, et le mal si pervers, si inique et si noir que même un cœur aveugle ne peut qu'y voir bien clair et trouver son chemin, seuls les cœurs inhumains, morts ou carbonisés demeurant insensibles à l'appel de ce Jour de Dieu.

Quel jour alors plus que le Jour de Hossein pourrait bien mériter d'être commémoré comme grandiose Jour de Dieu par tout fidèle qui entend s'opposer aux ténèbres du mal et avancer vers la Lumière?

Et quelle terre plus que la terre de Hossein pourrait bien mériter d'être terre de guérison de nos maux et défauts et terre de prosternation devant l'unique Perfection, et qu'y affluent en pèlerinage les fidèles de la religion de Dieu, cette terre où reposent de leur dernier sommeil d'aussi nobles temples humains des Perfections divines?

Non, aucun jour, aucune terre, j'en atteste par Dieu, ne sont comme le Jour de Hossein et la terre de Hossein au cœur du cœur de la religion immuable de Dieu:

"Il n'est point de jour comme ton jour, ô père du serviteur de Dieu (lâ yaoma ka-yaomik yâ Abâ 'Abdallâh)."(Hadith de l'Imam Hassan al-Modjtabâ, que la Paix soit avec lui)

Et ce n'est pas tout. On va voir que les deux sources les plus fondamentales de la religion immuable de Dieu et de la divine nature de l'homme, à savoir la divine intelligence et l'amour divin, regardent clairement la commémoration du martyre de Karbala comme une prescription centrale et fondamentale de leur sharî'a et de leur sonna.

Commémorer le martyre de Karbala, est prescrit par la sharî'a de la divine intelligence

Depuis que le monde est monde, chaque fois qu'un être humain fait une action remarquable ou se distingue éminemment par quelque vertu, les autres hommes font en sorte que ce comportement puisse servir d'exemple édifiant et de modèle pour les générations futures. Ces personnalités modèles et leurs actions exemplaires devinrent ainsi les parangons de récits religieux, mythiques ou légendaires, ou bien furent immortalisés par des arts tels que la poésie, des sciences telles que l'histoire et des pratiques telles que les diverses commémorations religieuses et civiles.

Corollairement, d'ailleurs, les hommes qui s'illustrèrent au contraire dans le mal et le vice furent aussi "immortalisés", non plus pour servir de modèle, mais pour servir de "repoussoir" au dégoût naturel qu'éprouve l'être humain envers le mal et l'imperfection.

Les jours de notre histoire et les lieux de notre planète sont ainsi ponctués de "jalons" temporels et géographiques qui sont autant de "repères" (shaeâ'ir) sur la voie de l'humanité parfaite, "repères" de la religion immuable de Dieu et de la divine nature humaine: tel jour ou tel endroit a vu tel acte de bravoure, tel autre jour ou lieu fut témoin de telle abnégation, tel troisième date ou terre fut marquée par tel acte de miséricorde... ou bien, au contraire, tel jour funeste ou tel endroit fut entaché par telle vilénie, telle trahison, telle fourberie...

Ces "repères de Dieu" (shaeâ'ir Allah) peuvent alors se trouver intégrés à des rites prescrits, comme c'est le cas pour les Djamârât que l'on doit lapider dans les rites du Hadj, par exemple, et qui ne sont autres que les lieux où le maudit Iblîs tenta Adam et Abraham et où ils le lapidèrent; ou encore pour les monts de Safâ' et Marwa dont le Coran énonce qu'ils font partie des "repères de Dieu" min shaeâ'ir Allah. Cependant, la plupart de ces "repères" de l'humanité restent plus simplement des lieux et jours que la mémoire d'une portion plus ou moins grande de l'humanité commémore sans qu'aucun rite prescrit n'y soit attaché.

C'est par exemple le cas des lieux et jours de Badr et de Ohod, qui sont à jamais, pour l'un (Badr) le "repère" d'un comportement exemplaire suivi d'une réussite tout aussi exemplaire et, pour l'autre (Ohod), le "repère" d'un comportement exemplairement mauvais suivi de conséquences aussi exemplairement funestes.

Cette "vénération" (ta'zîm) des "repères" des perfections humaines est une prescription naturelle et fondamentale de cette intelligence dont Dieu a doté l'être humain et par laquelle il l'a distingué de l'animal, et en vertu de l'adéquation des prescriptions révélées et des prescriptions de cette divine intelligence placée en l'homme, le Coran confirme bien entendu cette pratique et la conforte avec insistance, disant comme on l'a vu:

"Rappelle-leur les Jours de Dieu: il y a en cela des signes pour tout [homme] plein de patience et de reconnaissance. (Cor. s.14v.5), ou encore:
"Quant à qui vénère les repères de Dieu, cela relève en vérité de la vertu des cœurs." (Cor. s.22v.32)

De même, selon la sharî'a de cette divine intelligence, l'importance du "repère" et de la vénération qu'il convient de lui accorder est tout naturellement fonction, d'une part de l'importance de la vertu illustrée ou du vice dénoncé, et d'autre part de l'intensité avec laquelle cette vertu ou ce vice se manifestent.

Or, comme on vient de le voir, il n'y eut depuis que le monde est monde aucun lieu autre que Karbala ni moment autre que 'Achoura où autant de vertus se manifestèrent de manière aussi concentrée et aussi intense en face d'autant d'iniquités avec autant d'intensité, ce qui fait que la commémoration du martyre de Karbala occupe dans la sharî'a de la divine intelligence et la sonna des gens doués de coeurs intelligents (oulou l-albâb) une place absolument unique qu'aucun autre repère de Dieu ne saurait lui disputer. Vénérer ce repère de Dieu relève donc par excellence de "la vertu des coeurs" et s'en abstenir consciemment (L'ignorant étant excusé), c'est trahir de manière patente l'inhumanité d'un coeur vide de toute intelligence.

Commémorer le martyre de Karbala, est prescrit par la sharî'a de l'amour divin
Si la divine intelligence est le guide primordial de la nature humaine sur la voie droite de l'humanité, l'amour divin est le moteur grâce auquel la nature humaine peut avancer dans cette voie.

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un hadith énonce que la religion n'est rien d'autre que cet amour: wa hali d-dîn il-la l-hobb?

Or, la prescription fondamentale de la sharî'a de l'amour, prescription qui n'est pas tracée à l'encre dans des livres, mais gravée au tréfonds des coeurs enamourés, est la communion de l'amant et de l'aimé dans leurs peines et leurs joies.

Au point que cette communion est un critère de l'authenticité de l'amour:
Celui qui prétend aimer quelqu'un tout en restant indifférent à ses peines et à ses joies n'est pas véridique dans sa prétention.

C'est ainsi que les fidèles des Gens de la Demeure prophétique, par qui nous vient la Paix, se réjouissent de toute joie dont se réjouirent ou se réjouissent leurs bien-aimés et s'attristent de toute affliction qui les touche: les anniversaires du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, de l'Imam 'Ali, de Fatima, de Hassan, de Hossein et des autres membres de la Sainte Famille mettent leurs cœurs en fête.

De même tressaillons-nous de joie au souvenir de toute grâce dont Dieu comble Ses Proches Amis et tout particulièrement des victoires contre les ennemis de Dieu, depuis les triomphes héroïques des temps de la Révélation jusqu'à celles dont Dieu gratifie aujourd'hui certains de leurs fidèles.

Au contraire, les épreuves et les deuils qui touchèrent et touchent encore les Proches Amis de Dieu nous déchirent le cœur, qu'il s'agisse de la méchanceté des Mekkois envers le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, ou du comportement indigne de certains musulmans envers lui, de la perte de son épouse tant aimée Khadîdja, de ses oncles Abou Tâlib et Hamza, de ses enfants et de tant d'autres de ses proches et compagnons; qu'il s'agisse aussi des déviations que les musulmans firent subir à l'islam, en particulier à l'époque omeyyade; qu'il s'agisse encore de la situation de l'islam et des musulmans de nos jours, qui ne peut que faire saigner le coeur du noble Messager et de ses proches, après tout ce qu'ils ont enduré pour nous faire connaître les voies du bonheur et de la félicité en ce monde et dans l'autre...

L'intensité de la douleur ou de la joie des fidèles épris d'amour dépend bien évidemment tout d'abord de la sincérité de leur amour et de leur communion, mais elle dépend aussi de l'importance de l'événement source de joie ou de chagrin.

Or, il n'y eut depuis que le monde est monde aucun lieu autre que Karbala ni moment autre que 'Achoura où autant de malheurs s'abattirent de manière si concentrée et si injustement sur des êtres aussi parfaitement innocents, sans compter que de multiples aspects viennent encore, tel du sel sur une plaie, vivifier la douleur de cette tragédie (par exemple, le fait que les dirigeants de ce crime se prétendaient pieux musulmans et qu'ils sont pour certains toujours reconnus comme tels par nombre de musulmans, où encore le fait que des musulmans ont tout fait et continuent de tout faire pour effacer le souvenir de cette tragédie).

Ainsi, la commémoration du martyre de Karbala occupe dans la sharî'a de l'amour divin et la sonna des fidèles épris d'amour une place que ne saurait égaler aucune tragédie de l'histoire de l'humanité, de l'histoire de la communauté musulmane ou de la vie des Gens de la Demeure prophétique, par qui nous vient la Paix, depuis notre père Adam jusqu'au Sceau des Proches Amis.

Quant à ceux qui prétendent aimer le Messager de Dieu et ceux de sa demeure, Dieu le bénisse lui et les siens, tout en restant insensible à la tragédie inouïe qui les frappa, voire en cherchant à la faire oublier et à détourner les musulmans de la commémorer, ils sont aussi crédible que le renard qui prétend aimer les poules...

On voit donc que, loin d'être une "innovation" comme le prétendent certains inquisiteurs du pseudo islam au cœur aussi vide d'amour que dénué d'intelligence, la commémoration du martyre de Karbala est au coeur du coeur de la religion immuable de Dieu - mais que savent ces nouveaux Pharisiens de la divine nature humaine? Prescrite aussi bien par la sharî'a de la divine intelligence que par la sonna de l'amour divin, cette commémoration est en fait si fondamentale pour la religion de Dieu que l'on peut sans hésiter affirmer que c'est grâce au martyre de Karbala et à sa commémoration que l'islam est toujours vivant.

Le martyre de Karbala et sa commémoration sont ce qui a maintenu et maintient l'islam en vie

Oui, c'est bien grâce au martyre de Karbala et à sa commémoration que l'islam est toujours vivant, et c'est d'ailleurs là un des sens du fameux hadith gravé à l'entrée de la mosquée de Sayyidnâ Hossein au Caire: "Al Hossayn est de moi et je suis Al Hossein" (Al Hossein min-nî wa anâ min Al Hossein ): le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens représente ici tout l'islam et Al Hossein représente le djihâd , et en particulier le djihâd ultime qu'il mena à Karbala le jour de 'Achoura, un djihâd incluant le sacrifice total de tout ce qu'il pouvait avoir à sacrifier, sans rien compter ni épargner, pas même son innocent nouveau-né.

"Si la religion de mon grand-père ne peut demeurer droite qu'au prix de mon assassinat, ô sabres, ôtez-moi donc la vie", clama Hossein à Karbala Sans ce sacrifice suprême, l'islam que nous connaîtrions aujourd'hui serait l'islam de Yazîd ou même pire encore, un islam qui n'aurait pas plus à voir avec l'islam de Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, que le judaïsme actuel n'a à voir avec la religion de Moïse ou les églises chrétiennes avec la religion du Christ. Mais le sang versé à Karbala secoua la communauté musulmane tout entière de sa torpeur, même si elle ne tarda pas bien longtemps pour rentrer en hibernation.

Mais la chose était faite: l'arbre de l'islam, planté par Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, était maintenant irrigué par le sang de Hossein et des siens, qui lui sauva la vie.

L'islam doit ainsi sa naissance au Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, mais il doit sa survie au djihâd et au sacrifice de Hossein et des siens, à Karbala, le jour de 'Achoura "Al Hossein est de moi et je suis Al Hossein": si Hossein est mon descendant et si le djihâd (dont Hossein est la réalité essentielle) n'est qu'une partie de l'islam (dont je suis la réalité essentielle), il n'en demeure pas moins que l'islam de Mohammad n'a survécu et ne peut continuer de survivre sans déviation essentielle que grâce à deux choses:

d'abord grâce au djihâd et au sacrifice de Hossein à Karbala; et ensuite grâce aux commémorations du martyre de Karbala, ces commémorations qui maintinrent vivant à travers l'histoire et continueront si Dieu veut de maintenir vivant l'esprit du djihâd et du sacrifice dans la voie de Dieu et de l'humanité véritable, une humanité conforme à la divine nature selon laquelle Dieu a pétri les gens et qui n'est autre que la religion immuable de Dieu.

Abraham avait accepté de sacrifier son fils et pour cela son nom résonne de par le monde sur les langues de tous ses fils spirituels comme modèle du fidèle si confiant en la sagesse et la justice de son Dieu qu'il est prêt à Lui obéir fût-ce en sacrifiant son enfant. Mais Hossein lui, n'a pas seulement accepté de sacrifier son fils mais, outre sa propre personne, tous ses fils, tous ses compagnons, tous ses frères et soeurs, tous ses cousins et neveux, toutes ses épouses et toutes ses filles. A Karbala, chaque martyr ne connût le martyre qu'une fois, sauf Hossein qui fut martyrisé avec chaque martyr, qu'il fut un compagnon, un frère, un neveu, un cousin ou un fils...

Et, selon les Pharisiens de l'islam, Hossein ne mériterait pas que son nom résonne de par le monde sur les langues de tous ses fils spirituels comme modèle du fidèle si confiant en la sagesse et la justice de son Dieu qu'il est prêt à Lui obéir fût-ce en sacrifiant tout ce qu'il possède? Et ces Pharisiens s'offusquent que le Juste par excellence donne en contrepartie à Hossein, non pas la "quantité" de ce Hossein a sacrifié, mais sa "nature", c'est-à-dire "tout ce qu'il a, sans compter".

La Justice divine n'est pas une justice mesquine, mais Justice absolue: à celui qui a sacrifié pour Lui sans compter, Dieu accorde et donne sans compter, et c'est pourquoi il accorde tant de bienfaits et de récompenses inouïs à ceux qui pleurent Al Hossein et maintiennent vivant son souvenir et son exemple, ainsi qu'à ceux qui vont en pèlerinage à sa tombe, leur accordant même bien plus de récompenses qu'à ceux qui accomplissent des Hadjs ou des Omras surérogatoires.

N'est-ce pas là justice? Et d'ailleurs, sans Hossein, le Hadj serait-il encore ce qu'il est? N'aurait-il pas plutôt été à nouveau transformé en la sorte de "kermesse" qu'il était avant l'islam? Nul doute que sans Hossein, l'islam que nous connaîtrions, revu et corrigé par Yazîd et les siens, ressemblerait bien plus à la religion de Hobol, d'al-Lât et d'al-Ozza qu'à la religion d'al-Rahmân...

Commémorer le martyre de Karbala, est prescrit par la sharî'a du Sceau des Messagers divins

En prenant ainsi quelque peu la mesure de l'importance du djihâd de Hossein, de son martyre à Karbala et du martyre de ses fidèles, et enfin de la commémoration de ce martyre pour la préservation passée, présente et à venir du pur islam de Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, on comprendra sans peine qu'outre les prescriptions divines fondamentales gravées au plus profond de la nature humaine, de l'intelligence humaine et du coeur humain, il ne manque pas non plus, pour rendre obligatoire la commémoration du martyre de Karbala, de prescriptions énoncées dans la Parole de Dieu et de Son Messager, Dieu le bénisse lui et les siens.

Pour ce qui est de la Parole de Dieu, on a déjà cité les versets coraniques qui rendent obligatoire de "rappeler les Jours de Dieu" et de "vénérer les Repères de Dieu", et l'on a vu que ces prescriptions s'appliquent par excellence au martyre de Karbala plus qu'à n'importe quel autre événement de l'histoire de l'humanité et de l'islam:
"Rappelle-leur les Jours de Dieu: il y a en cela des signes pour tout [homme] plein de patience et de reconnaissance". (Cor. s.30v.30);
"Quant à qui vénère les repères de Dieu, cela relève en vérité de la vertu des coeurs". (Cor. s.22v.32)

Quant aux actes et aux propos du plus noble Envoyé, Dieu le bénisse lui et les siens, et des Gens de la Demeure prophétique, par qui nous vient la Paix, pleurant les martyrs de Karbala et évoquant les pleurs pour eux, ils remplissent des pages et l'on se contentera ici d'en citer quelques uns:

Shaykh Sâdouq rapporte dans ses Amâlî [...] d'après Ibn 'Abbâs, que 'Ali dit un jour au Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens:

"O Messager de Dieu, en vérité tu aimes 'Aqîl [fils d'Abou Taleb, le frère aîné de 'Ali]?
- Oui, répondit-il, par Dieu, je l'aime doublement: je l'aime pour lui-même et je l'aime en raison de l'amour qu'a pour lui Abou Taleb. En vérité, son fils [Moslim] sera tué par amour pour ton fils: les yeux des fidèles le pleureront et les anges rapprochés prieront sur lui."

Le Messager de Dieu pleura alors au point que les larmes coulèrent sur sa poitrine, puis il dit:

"C'est à Dieu que je me plains de ce que va subir ma famille après moi." (Bihâr, 44/288-289)
Madjlissî rapporte dans son Bihâr al-anwâr [...] que lorsque le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, informa sa fille Fatima que son fils Hossein serait tué et des épreuves qui s'abattront sur lui, elle pleura intensément et dit:
"Papa, quand donc aura-ce lieu?

- En un temps, répondit-il, où ni moi, ni toi, ni 'Ali ne serons là.
Ses pleurs s'intensifièrent alors et elle dit:

"Papa, qui donc le pleurera? Et qui donc se chargera de la cérémonie de deuil?
- O Fatima, répondit-il, en vérité les femmes de ma communauté pleureront les femmes de ma famille et les hommes pleureront les hommes de ma famille.

Ils renouvelleront ce deuil chaque année, génération après génération. Et lors de la Résurrection, tu intercéderas pour les femmes et moi pour les hommes: nous prendrons par la main chacun d'entre eux qui aura pleuré sur le malheur de Hossein et le ferons entrer au Paradis." (Bihâr, 44/292-293)

Madjlissî rapporte d'après plusieurs sources dans son Bihâr al-anwâr [...] que ['Ali Ibn Moussa] ar-Ridâ, que la Paix soit avec lui a dit:
"Quiconque pense à nos malheurs et pleure en raison de ce qu'on nous a fait sera avec nous à notre degré au jour de la Résurrection. Quiconque entend évoquer nos malheurs et pleure ou fait pleurer, son oeil ne pleurera pas le jour où les yeux pleureront. Quiconque participe à une réunion où l'on fait vivre notre cause, son coeur ne mourra pas le jour où mourront les coeurs." (Bihâr, 44/278)

Il est aussi rapporté de l'Imam 'Ali Ibn Moussa ar-Ridâ, que la Paix soit avec lui, qu'il a dit:

"Moharram est un mois durant lequel les gens de la Djâhiliyya considéraient comme illicite de faire la guerre, et voilà qu'ils ont considéré licite d'y verser notre sang, qu'ils y ont porté atteinte à nos dignes épouses, qu'ils y ont capturé nos femmes et enfants et qu'ils ont mis le feu à notre campement et pillé ce qui s'y trouvait de nos trésors: ils ne firent en rien preuve du respect dû au Messager de Dieu en ce qui nous concerne.

En vérité, le jour de Hossein a meurtri nos paupières et fait couler nos larmes. Celui qui nous est cher a été avili en une terre de Karbala qui nous laissa en héritage l'affliction (karb) et l'épreuve (balâ') jusqu'au jour où tout sera fini. Que ceux qui pleurent donc sur quelqu'un comme Al Hossein, car de pleurer sur lui diminue les grands péchés.

Lorsqu'on entrait dans le mois de moharram, jamais on ne voyait mon père rire. Il était dominé par la peine jusqu'à son dixième jour, et lorsque ce jour arrivait c'était pour lui une journée de malheur, de tristesse et de pleurs, et il disait: "C'est le jour en lequel on a tué Hossein..."

Pour terminer, je citerai encore cet extrait du testament politico spirituel de l'Imam Khomeiny, Dieu ait son âme, en espérant pouvoir traiter demain de la seconde partie de cette mise au point, consacrée à diverses pratiques liées à la commémoration du martyre de Karbala (avec documents audiovisuels), afin de montrer que ces pratiques n'ont pas le moindre rapport avec l'époque antéislamique de la jâhiliyya:

Je conjure et supplie instamment les peuples musulmans de s'attacher comme il se doit, de tout leur coeur et de toute leur âme, en faisant don d'eux-mêmes et des êtres qui leur sont chers, aux Saints Imams [infaillibles de la famille du
Prophète] et à la culture politique, sociale, économique et militaire de ces illustres guides de l'humanité. [...]

Qu'ils ne négligent jamais les cérémonies de deuil des Purs Imams, en particulier du Seigneur des opprimés et Prince des martyrs, Sa Seigneurie Abû ‘Abd Allah al Hossein, que les bénédictions de Dieu, des Prophètes, des Anges et des hommes de bien soient abondamment répandues sur son noble et vaillant esprit.

Qu'ils sachent que l'ordre donné par les Imams, que la Paix soit avec eux, de commémorer cette épopée historique de l'islam ainsi que les imprécations et malédictions à l'encontre des oppresseurs des Gens de la Demeure sont la clameur héroïque des peuples face aux gouvernants iniques tout au long de l'histoire [et] pour l'éternité.

Sachez que les malédictions, imprécations et clameurs en raison de l'iniquité des Omeyyade, que la malédiction divine soit sur eux, alors qu'ils ont disparu et pris le chemin de l'Enfer, est une clameur à la face des oppresseurs du monde entier, et maintenir cette clameur vivante détruit l'oppression.

Et il faut ponctuer fortement et sans relâche les lamentations et les poèmes de deuil ou de louange des Imams de Vérité, que la Paix soit avec eux, par des rappels des calamités et iniquités des oppresseurs de toute époque et de tout lieu : en ce siècle, siècle de l'oppression du monde musulman par l'Amérique, l'Union soviétique et tous ceux qui leur sont liés, dont la dynastie des Sa‘oud, ces traîtres au grand sanctuaire divin [de La Mecque] - que les malédictions de Dieu, de Ses anges et de Ses messagers soient sur eux -, que [cette situation] soit sans cesse rappelée avec force malédictions et imprécations.

Nous devons tous savoir que le facteur d'unité entre les musulmans, ce sont ces cérémonies [à caractère] politiques qui préservent l'identité communautaire des musulmans, et en particulier des fidèles des douze Imams, que les Bénédictions et la Paix divines soient avec eux.
(Imam Khomeiny, Testament Politico spirituel)

 


source : www.sibtayn.com
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