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L'étape De La Première Enfance

Cette étape couvre les six ou sept premières années de la vie de l'enfant. Les chercheurs laïcs confèrent à cette phase une importance primordiale et exagérée, au point qu'ils la considèrent comme le facteur déterminant de la personnalité, dont le comportement futur serait prédéterminé par les traits acquis lors de la première enfance. En fait, il est à croire que les recherches laïques commettent une erreur scientifique majeure en attribuant à la première enfance cette importance indue, surtou
L'étape De La Première Enfance

Cette étape couvre les six ou sept premières années de la vie de l'enfant.

Les chercheurs laïcs confèrent à cette phase une importance primordiale et exagérée, au point qu'ils la considèrent comme le facteur déterminant de la personnalité, dont le comportement futur serait prédéterminé par les traits acquis lors de la première enfance. En fait, il est à croire que les recherches laïques commettent une erreur scientifique majeure en attribuant à la première enfance cette importance indue, surtout lorsqu'elles considèrent les premiers mois, ou les deux ou trois premières années de l'enfant comme l'élément décisif du comportement futur de la personnalité.

Bien que nous discutions plus loin cette conception des courants laïcs dans leurs contextes respectifs, nous sommes obligés de signaler ici la méprise dans laquelle tombent les psychologues, les éducateurs et les sociologues en exagérant l'importance de la première enfance, et en oubliant le rôle de l'amendement (la correction) du comportement, et le rôle de la conscience ou de ce qu'ils appellent "le moi" (l'ego) et sa capacité à contrôler et à réguler ce comportement. On pourrait dire même, que tous les efforts des éducateurs et des psychologues cliniciens seraient vains et inutiles, ou que leur raison d'être même disparaîtrait, si nous admettions que le comportement humain se décide pendant les premières années de l'enfance. Heureusement bon nombre des courants pédagogiques, psychologiques et psychopédagogiques modernes commencent à mettre en doute le rôle déterminant de l'enfance, et à souligner le facteur de la "conscience" et des expériences adultes, sans toutefois négliger l'enfance, mais se contentant de la dépouiller du caractère exagéré de l'importance dont l'ont affublé les prédécesseurs.

 

L'Islam a résolu le problème en accordant à la première enfance une importance mesurée - en la qualifiant: d'étape du jeu - et en mettant l'accent, en revanche, sur le rôle de la seconde enfance.

Donc, en la qualifiant d'étape de jeu, l'Islam lui ôte carrément le caractère décisif que lui prête le courant laïc. Car, qui dit jeu dit activité physique ou mentale purement gratuite, qui n'a, dans la conscience de la personne qui s'y livre, d'autre but que le plaisir qu'elle procure. Autrement dit, pendant cette étape il n'est pas possible de donner aux expériences mentales de l'enfant un caractère de cohérence et de constance, étant donné que son développement mental n'est pas propice à une expérience éducative sérieuse qui requiert un certain degré de maturité. De là, la législation islamique a retenu de cette étape son caractère essentiellement ludique.

Ci-après quelques-uns des textes islamiques sur le sujet :

1- «Laisse ton enfant jouer pendant (les premiers) sept ans, éduque-le pendant les sept ans suivants, et oblige-le pendant les sept années qui suivent».(35)

2- «Laisse ton enfant jouer pendant sept ans, oblige-le pendant sept ans...».(36)

3- «L'enfant joue pendant sept ans, apprend le livre pendant sept ans, et apprend le licite (halâl) et l'illicite (harâm) pendant sept ans».(37)

Ces textes indiquent indubitablement que les sept premières années de l'enfance se caractérisent par le jeu, les sept années suivantes, par l'éducation et la formation fondées uniquement sur l'entraînement (l'apprentissage et non la contrainte), les sept années qui les suivent (les années de l'adolescence), par l'obligation.

Nous aborderons exhaustivement l'étape de la seconde enfance et celle de l'adolescence, à la lumière des textes précités et d'autres, plus loin. Ce qui nous occupe maintenant, c'est d'attirer l'attention sur le caractère ludique de l'étape de la première enfance, d'après l'unanimité des textes islamiques, lesquels nous conduisent à réfuter comme erronée toute théorie qui attribue à cette étape une importance pédagogique notable.

Le Hadith suivant du Prophète (P) ne laisse aucun doute quant à la nature foncièrement ludique de l'étape de la première enfance :

«L'enfant est maître durant sept ans, et esclave durant sept ans».(38)

Le Prophète (P) a qualifié l'enfant de la première étape de "maître", et celui de la seconde d'"esclave", termes on ne peut plus révélateurs et significatifs. En effet, le "maître" est quelqu'un qui ne reçoit d'ordres de personne, il est son propre maître, ce qui signifie que cette phase de développement de l'enfant ne lui permet pas d'accepter des ordres, c'est-à-dire des instructions, des directives et des obligations. Il a besoin d'exercer ses activités avec une liberté sans restrictions manifestes, la liberté de jouer.

Et c'est contrairement à l'enfant de la deuxième étape (7-14 ans), que le Messager d'Allah (P) a comparé à l'esclave, lequel est censé recevoir et exécuter les ordres, c'est dire qu'il est préparé au processus de formation et d'entraînement.

Cependant, il faut préciser tout de suite que le fait de mettre en évidence le caractère ludique de l'étape de la première enfance, signifie moins la négation de l'importance même de l'éducation et de l'entraînement qu'on y dispense à l'enfant, et plus la contestation du caractère déterminant et primordial de cette importance, tel que le lui prêtent ceux qui affirment que le comportement futur de la personnalité aura été irréversiblement déterminé par l'éducation qu'a reçue l'enfant pendant cette étape. C'est pourquoi, la législation islamique n'est pas sans prévoir pour ladite étape une certaine forme d'entraînement, certes partielle, mais appropriée au développement mental et physique de l'enfant. Elle s'applique même à déterminer les différentes phases de cette étape et à esquisser le type d'entraînement élémentaire et léger, propice à chacune d'elles. En un mot, la législation islamique, tout en soulignant le caractère essentiellement ludique de cette étape, tient compte de l'importance d'une certaine forme d'entraînement à y dispenser, mais sans charger celui-ci du même poids dont le charge le courant laïc.

Ceci, on peut le constater dans le hadith éducatif suivant, où l'Imam al-Sâdiq (p) laisse percevoir six phases de l'étape de la première enfance, dans lesquelles on devine comment se dessinent les courbes du développement mental de l'enfant :

«Lorsque l'enfant atteint l'âge de trois ans, on lui répète sept fois la formule "lâ ilâha illâllâh" (il n'y a de Dieu qu'Allah), et on le laisse jusqu'à ce qu'il ait trois ans, sept mois et vingt jours, où on lui dit sept fois : "Mohammadun Rassûl-ullâh" (Mohammad est le Messager d'Allah -P-). On le laisse encore jusqu'à ce qu'il complète les quatre ans pour lui dire sept fois: "Allâhumma çalli 'alâ Mohammadin wa âle Muhammad" (Ô Allah ! Prie sur Mohammad et sur les membres de la Famille de Mohammad). Puis on le laisse jusqu'à ce qu'il achève ses cinq ans où on lui demande : "Laquelle est ta main droite et laquelle est ta main gauche ?". S'il répond correctement, on doit l'orienter vers la direction de la Qiblah (la direction de la Mecque), et on lui dit : "Prosterne-toi". Puis on le laisse jusqu'à ce qu'il vienne au terme de ses six ans, où on lui apprend comment prier, comment s'agenouiller et comment se prosterner et ce jusqu'à l'âge de sept ans. Lorsqu'il aura complété ses sept ans, on lui dit : "Lave-toi le visage et les (paumes des) mains". S'il le fait, on lui dit : "Fais la prière", et ce jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de neuf ans, où on lui apprend à faire la Prière (çalât) et l'ablution (wudhû'), tout en prévoyant, le cas échéant, une punition corporelle, s'il les néglige».(39)

Comme on peut le constater, ce texte nous révèle non seulement l'importance (relative) de l'apprentissage élémentaire pendant la première étape de l'enfance, mais aussi, et de là sa valeur éducationnelle, les phases du développement mental de l'enfant, jusqu'à l'âge de neuf ans, c'est-à-dire jusqu'à la première phase de la seconde étape, alors que la psychologie infantile tâtonne encore(40) dans leur définition, et présente des hypothèses divergentes et contradictoires quant à leur distinction quantitative et qualitative précise.

Peut-être la première chose qui se signale à l'esprit du lecteur concernant le processus de l'apprentissage dans ce texte est-il le choix pédagogique du "vocabulaire" utilisé (glorification d'Allah) et de "l'acte" demandé (les gestes de la prière) à l'enfant. On remarque ainsi, que le texte a recouru au langage et à l'acte cultuels, c'est-à-dire langage et acte qui se rapportent au concept de culte (lequel constitue le but céleste de l'existence de l'homme), et plus précisément à l'une de ses principales applications: la Prière et ses préliminaires (l'ablution).

La deuxième remarque est que le texte néglige la période antérieure à l'âge de trois ans, et fixe cet âge comme début de l'apprentissage, ce qui laisse deviner que les trois premières années de la vie de l'enfant ne sont pas réceptives à l'entraînement pédagogique qui nécessite une plus grande aptitude mentale, dont le développement commence au terme de la troisième année.

Les études laïques font référence au processus du transfert de l'enfant de l'étape dite de la "perception" à l'étape de la "perception symbolique" ou imaginative. Mais leurs expériences dans ce domaine aboutissent à des conclusions divergentes quant à l'évaluation du volume de l'étape du transfert. En revanche, la législation islamique a tranché la question en fixant le début de l'apprentissage symbolique à l'âge de trois ans accomplis, où elle nous demande de commencer à entraîner l'enfant à la formule : «Il n'y a de Dieu qu'Allah». Or, lorsque nous méditons cette formule, nous constatons qu'elle requiert une sorte de "pensée symbolique", imaginative ou conceptuelle, en ce sens que l'enfant commence à cet âge à dépasser l'étape de la perception vers celle de la "perception symbolique" ou en d'autres termes, la formule «Il n'y a de Dieu qu'Allah», enseignée à l'enfant, signifie que l'esprit de celui-ci commence à dépasser les phénomènes sensibles (ce qu'il entend, voit et touche) qui l'entourent vers la "perception" de certaines "relations" entre les phénomènes perceptibles sur le plan de la localisation, et certaines notions temporelles, telles que le "présent" de l'enfant et sa relation avec le "futur" de ses expériences, c'est-à-dire des expériences semblables à celles qu'il a vécues et dont il prévoit l'occurrence future.

La perception de telles relations est incarnée clairement par la formule «Il n'y a de Dieu qu'Allah», étant donné qu'elle relie entre des entités ou des exemples sensibles que l'enfant a perçus dans ces expériences passées, et une existence dont il n'a pas l'expérience, mais qui est non perceptible (non sensible).

Avec l'écoulement des mois, des semaines et des jours, c'est-à-dire après 230 jours, l'enfant semble atteindre une nouvelle phase de développement mental, de sorte que sa perception symbolique de phénomènes lui permette de percevoir la relation entre «Allah» et «Mohammad est le Messager d'Allah». C'est du moins ce qui ressort clairement de la recommandation islamique précitée : «et on le laisse jusqu'à ce qu'il ait trois ans, sept mois et vingt jours, où on lui dit sept fois : "Mohammad (P) est le Messager d'Allah"».

Il est clair que la perception symbolique accuse un développement certain, lorsque l'enfant, après avoir appris "Allah", parvient à établir une relation entre ce concept et le concept "Le Messager d'Allah" : car ici il commence à relier deux phénomènes fondés sur une même base: le "symbole", la "conception", ou l'"imagination", alors que sa perception au cours de la phase précédente reposait sur une relation entre deux phénomènes différents: l'un "sensible", en l'occurrence ses expériences des trois années écoulées, l'autre "abstrait", en l'occurrence le concept "Allah" auquel on sensibilise son esprit. En d'autres termes les deux parties de la perception (ou les deux termes de la relation) pendant la première phase étaient (sensible-abstrait), alors qu'elles sont (abstrait-abstrait), dans la seconde phase, puisque le mot "Allah" est abstrait de même que le mot "Mohammad" en tant que "Messager" et non en tant qu'une personne, bien entendu, étant donné que le concept "message" n'est pas encore familier à l'esprit de l'enfant.

Puis s'ensuit la troisième phase du développement mental de l'enfant après 130 jours, c'est-à-dire lorsqu'il aura atteint l'âge de quatre ans accomplis, où la législation islamique nous demande de l'entraîner à la formule : «Ô mon Dieu ! Prie sur Mohammad et les membres de la Famille de Mohammad». Cette nouvelle phase de développement marque une croissance notable dans la perception symbolique de l'enfant, dans la mesure où on constate la disparition du lien entre le mot "Allah" et le mot "Mohammad" lien établi dans la phase précédente par la formule «Mohammad est le Messager d'Allah», ce qui signifie que l'on crée pour l'enfant l'occasion de pratiquer une perception indépendante, en l'occurrence «la prière sur Mohammad....» abstraction faite de sa qualité de Messager de Dieu. Autrement dit, dans cette nouvelle phase de la perception, l'enfant réagit à un concept indépendant et non à un concept nécessitant la perception de la relation entre deux phénomènes.

Récapitulons pour mieux clarifier ce qui précède avant d'aborder la quatrième phase du développement mental de l'enfant dans la première étape de sa croissance :

- La première phase du développement consistait à établir dans l'esprit de l'enfant une relation entre un monde "sensible", son monde à lui, et un monde "abstrait", le nouveau monde, (Allah).

- Dans la deuxième phase il s'agissait d'établir une relation dans l'esprit de l'enfant entre ce nouveau monde (Allah) dont il avait acquis une expérience relative ou avec lequel il a fait vaguement connaissance, et un autre nouveau monde : «le Prophète est le messager d'Allah».

- La troisième phase, visait à atteindre un nouveau développement de perception, en supprimant radicalement l'ancienne relation établie entre (Allah et le messager) et en percevant la personnalité de Mohammad d'une façon indépendante, sans représentation des deux parties de cette ancienne relation.

Arrive ensuite une nouvelle phase de développement de la perception avec l'âge de cinq ans accomplis. Il est à noter que dans cette phase le développement de la perception n'est pas uniforme pour tous les enfants et peut varier d'un enfant à l'autre. Les recherches laïques elles aussi ont conclu à l'existence de cette différence entre les enfants concernant leur développement mental et leur aptitude à l'apprentissage pendant cette phase. L'âge où cette différence apparaît varie entre cinq ans et six ans, mais l'âge de six ans constitue pour la plupart des enfants la phase décisive du développement mental, âge auquel commence généralement leur scolarisation. Toutefois, certains enfants semblent aptes à être scolarisés à l'âge de cinq ans, de l'avis même d'un bon nombre de psychologues et de pédagogues.

La législation islamique, représentée par le texte qui nous occupe, projette un éclairage complet sur ce sujet, en signalant la différence de développement chez les enfants à l'âge de cinq ans, et en proposant un mode de détermination de cette différence et de l'aptitude mentale de l'enfant à cet âge à travers la question suivante qu'on doit lui poser : «Laquelle est ta main droite et laquelle est ta main gauche ?». Si l'enfant répond correctement, nous pouvons déduire qu'il a atteint à cet âge une phase de développement qui le qualifie à l'entrée au seuil de ce que les chercheurs laïcs appellent "l'étape du primaire" ou de la seconde enfance.

Mais fait significatif qu'il importe de noter, le texte nous demande d'entraîner l'enfant uniquement à la prosternation (une partie de la prière), au cas où il passe le test, et non l'accomplissement de la prière dans sa totalité, acte qu'il réserve pour la sixième année.

Cela signifie-t-il que le surplus de développement chez les enfants qui accusent une avance sur les autres à l'âge de cinq ans, est un développement relatif qui ne les qualifient quand même pas pour entrer dans la même classe que ceux qui sont âgés de six ans? Probablement oui. Car, l'âge de cinq ans ne permet apparemment pas à l'enfant de recevoir le même niveau d'enseignement que les enfants de six et sept ans. La preuve en est que le texte de l'Imam al-Sâdiq (p) recommande d'apprendre à l'enfant doué la prosternation seulement et non la prière complète, alors que l'apprentissage de celle-ci est requis pour les enfants ordinaires âgés de six et sept ans, ce qui suppose que ceux-ci sont plus aptes à l'apprentissage que l'enfant doué de cinq ans.

La question qui se pose maintenant est de savoir si la différence de développement est restreinte à l'âge de cinq ans, ou bien si elle peut s'étendre à l'âge de six et de sept ans ? Il semble qu'elle ne soit pas limitée à l'âge de cinq ans, et que l'âge de six ans en représente une première phase et l'âge de sept ans, la phase finale. Sans doute la différence développement qu'on remarquera dans l'étape de l'adolescence et qui oscille entre l'âge de 13, 14 et 15 ans, n'est-elle pas sans rapport avec ce phénomène (différence de développement qui se signale en partie à l'âge de six et en partie à l'âge de sept ans). En tout état de cause, le texte suivant corrobore ce que nous venons d'avancer à propos de ce phénomène. En effet l'Imam (p) dit, par exemple :

«Laisse ton enfant jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de six ans accomplis, pour lui apprendre le livre pendant six ans...».(41)

Ce texte peut apporter un peu plus de lumière au problème de la détermination de l'âge chronologique réceptif à l'apprentissage ou ouvrant l'entrée de la seconde étape de l'enfance: les années du primaire, dans la mesure où il fait suite au texte précité de l'Imam al-Sâdiq (p), lequel recommande de tester le développement mental de l'enfant à l'âge de cinq ans, et où il nous permet d'inférer que l'âge de six ans qu'il désigne comme limite de la seconde étape de l'enfance tient compte de l'existence d'une certaine différence de développement d'un enfant à l'autre, à cet âge, ou d'une différence intermédiaire entre l'âge de cinq ans et l'âge de sept ans, alors que les textes qui fixent cette limite à l'âge de sept ans désignent tous les enfants en général (sans tenir compte des cas de certains enfants chez qui ladite limite peut intervenir à l'âge de cinq ou six ans). En un mot, l'âge de sept ans constitue la règle, celui de six ans, l'exception, et celui de cinq ans le plus haut degré de croissance rapide des cas exceptionnels.

Les textes islamiques font référence à cette différence entre les enfants, dans d'autres domaines de la législation islamique, par exemple, lorsqu'ils parlent de la prière sur un enfant mort à l'âge de cinq ans, à condition qu'il ait été doué de discernement (c'est-à-dire faisant partie des cas exceptionnels). En effet, à la question : «Doit-on faire la prière de mort sur un enfant décédé à l'âge de cinq ans?» qu'on a posée à l'Imam (p), il répondit :

«S'il avait pu comprendre la Prière, on fait la prière sur lui».(42)

Cela signifie que l'âge de cinq ans est régi par le même critère que l'âge de six ans.

Cependant, lorsqu'on interroge le texte pédagogique de l'Imam al-Sâdiq (p), nous pouvons nous assurer que le niveau de développement mental des enfants de cinq ans, doués de discernement n'atteint pas celui des enfants ordinaires âgés de six ans, mais s'en rapproche. Et ce niveau leur permet d'apprendre la prosternation seulement, et non la totalité de la prière, comme c'est le cas pour les enfants de six ans.

Même le texte qui prescrit la prière mortuaire sur le corps de l'enfant qui comprenait la prière, s'explique par la croissance relative et non absolue de son niveau de développement mental.

En tout état de cause, la sixième année de la vie de l'enfant demeure le critère de l'entrée de celui-ci dans l'étape qui le qualifie pour le processus de l'apprentissage sérieux. C'est ce que nous suggère le texte suivant :

«...Puis, on le laisse jusqu'à ce qu'il complète ses six ans, et lorsqu'il aura atteint cet âge, il doit prier. On lui apprend l'agenouillement (rukû') et la prosternation (sujûd) jusqu'à ce qu'il accomplisse ses sept ans. Lorsqu'il aura atteint l'âge de sept ans accomplis, on lui dit : "Lave ton visage et tes mains". Lorsqu'il l'aura fait, on lui dit : "Prie!"».

Notons d'abord que ce texte qui recommande d'apprendre la prière à l'enfant âgé de six ans , propose cet âge comme l'âge propice au processus de l'apprentissage sérieux, la prière étant un objet de l'apprentissage comme tout autre. Notons ensuite que le texte laisse entendre toutefois que le processus d'apprentissage proposé à cet âge est incomplet, dans la mesure où la prière comporte des préliminaires, en l'occurrence l'ablution (wudhû'), laquelle est recommandée à l'âge de sept ans. Par conséquent c'est à cet âge qui marque le début du processus complet de l'apprentissage: «Lorsqu'il aura atteint l'âge de sept ans accomplis, on lui dit : "Lave ton visage et tes mains". Lorsqu'il l'aura fait, on lui dit: "Prie!"». Et c'est à cet âge que l'enfant entre dans le seuil de la seconde étape de l'enfance, ou quitte l'étape ludique pour celle de "l'éducation", de "l'apprentissage", de "l'obligation" ou de tout autre terme que la législation islamique use pour désigner la seconde étape de l'enfance.

Ayant appris de ce qui précède que la première étape de l'enfance comporte six phases de développement mental et moteur, selon la législation islamique, il n'est pas inutile de revenir au point de vue de la recherche laïque sur ce sujet. Comme nous l'avons dit, celle-ci n'est pas parvenue à déterminer des phases chronologiques précises du développement mental de la première étape de l'enfance. Toutefois il y a un quasi-consensus sur l'âge de trois ans comme étant le début de la phase de la pensée symbolique. Par ailleurs les recherches laïques divisent cette phase en trois sous-phases :

1- Les débuts conceptuels

2- La conception simple

3- La conception détaillée

Cependant ces phases partielles du développement ne comportent pas les mêmes précisions chronologiques (en mois, semaines et jours) que nous avons remarquées dans le texte islamique. En tout état de cause, les divergences entre les chercheurs sur ce sujet rendent difficile toute tentative de détermination, scientifiquement fiable, des phases du développement.

Par conséquent, les pédagogues peuvent se référer au document précité de l'Imam al-Sâdiq (p) pour entraîner l'enfant à l'acquisition de toutes les aptitudes mentales recherchées, en tenant compte des différentes phases de la perception symbolique, dont chacune comporte un nombre précis de jours, de semaines et de mois.

Avant de clore notre exposé sur l'étape de la première enfance, il est opportun de rappeler les traits qui la caractérisent, selon l'optique de la législation islamique :

1- Le jeu en général est le trait dominant de cette étape

2- Certaines formes d'entraînement à l'apprentis-sage peuvent avoir lieu aux côtés du jeu, en tenant compte des phases secondaires du développement.

3- Les trois premières années de la vie de l'enfant - réservées exclusivement au jeu - ne sont pas soumises à ces formes d'entraînement élémentaire.

4- Lorsque l'enfant atteint l'âge de cinq, six ou sept ans, selon le cas et selon le niveau de son développement mental, il est qualifié pour passer d'une étape de développement (l'étape de la première enfance) à la suivante (l'étape de la seconde enfance). À noter toutefois que l'âge de sept ans, demeure, dans tous les cas, l'année charnière entre les deux étapes.

Conclusion : Le jeu reste le trait caractéristique prédominant de l'étape de la première enfance, alors que l'entraînement y est un élément secondaire. Et on doit donc laisser l'enfant évoluer, pendant cette étape, selon le caractère prédominant de celle-ci : le jeu.

Sans doute le fait que la législation islamique recommande de porter l'enfant avec tendresse, de le couvrir de petits soins, et de lui éviter tout traitement empreint de sévérité, confirme-t-il le caractère essentiellement ludique de cette étape, et lui ôte-t-il toute nécessité d'entraînement, lequel requiert une sorte de discernement que l'enfant n'acquiert qu'au cours de la seconde étape de l'enfance.

Aussi demande-t-elle aux parents de ne pas frapper ou brutaliser leur enfant quand il pleure, notamment pendant la première année de sa vie, de même qu'elle leur enjoint de l'embrasser, de le cajoler, de le couver, et de jouer aux enfants (faire des gamineries) avec lui, afin qu'ils demeurent conscients de la nature ludique de cette étape et qu'ils s'abstiennent de charger celle-ci de toute forme d'entraînement susceptible de laisser des séquelles sur son comportement futur.

Heureusement, quelques études laïques sont parvenues à la conclusion que si on entraîne l'enfant de deux ans à certaines aptitudes motrices (physique), on remarque qu'il ne différera pas d'un autre enfant qui n'aura pas été soumis au même entraînement, ce qui indique que l'apprentissage dispensé à un enfant avant qu'il n'atteigne une phase déterminée de maturité, ne produit pas un effet notable. Cette expérience nous permet de mieux réaliser l'importance et la pertinence de la recommandation islamique de ne pas frapper un enfant qui pleure pour le faire taire, mais de le couver plutôt de tendresse, étant donnée que l'entraînement à ce bas âge s'est avéré improductif ou infructueux.

Bien sûr, il est possible que brutaliser l'enfant laisse des séquelles sur sa personnalité, dans la mesure où cet acte se reflète sur son état psychique et l'expose à l'anomalie, en raison de son incapacité à supporter les difficultés et la vie dure. Mais il y a une grande différence entre l'avis selon lequel le type d'entraînement auquel est soumis l'enfant laissera des traces sur sa personnalité et celui selon lequel la dureté ou la brutalité (qu'elles soient physiques ou psychologiques: peur soudaine) influe sur sa vie mentale, de même qu'il y a une différence entre l'opinion selon laquelle la constitution de la personnalité ne pourrait pas être modifiée ou amendée si elle avait été façonnée d'une certaine manière lors de l'enfance, et celle qui affirme, au contraire, qu'une telle modification ou un tel amendement reste toujours tout à fait possible dans la mesure où la "conscience" pendant l'étape de la maturité a le dernier mot en matière(43) de caractères acquis pendant l'enfance. De la même façon il faut différencier entre les petits soins et la tendresse dont on doit couver l'enfant selon la législation islamique (principe général de l'éducation de l'enfant), et certaines théories laïques (telle celle de Freud relative à la sexualité enfantine) qui tentent de trouver un lien entre une prétendue activité sexuelle enfantine et son reflet sur le comportement de la personnalité mature, d'une part, et puis entre ceci et le principe d'un traitement "tendre" ou "sévère", à réserver à ladite activité chez l'enfant.

La législation islamique rejette absolument l'existence de tels liens, étant donné qu'elle a mis fondamentalement l'accent sur la nature ludique de cette étape et sur son imperméabilité à toute activité qui ne concorde pas avec le développement mental, psychologique et physique des enfants en ce bas âge. Toutefois elle ne récuse pas le principe général du type spécifique de l'éducation propre à cette étape, à savoir "les tendres soins" dont on doit entourer les enfants, ni la possibilité des effets de ces soins sur le comportement futur de leurs personnalités, mais sans conférer à cette possibilité un caractère absolu et inévitable qui s'oppose au principe du rôle de la conscience de l'adulte dans l'amendement et la modification du comportement ou du caractère acquis pendant la première étape de l'enfance.

En tout état de cause, les recherches laïques s'accordent unanimement pour admettre qu'entourer l'enfant de tendres soins constitue le juste principe qui lui fait acquérir un comportement futur, sain et normal, alors qu'un traitement sévère développerait chez lui des tendances agressives notables. Le même résultat négatif pourrait se produire si on gâtait l'enfant, car cela cultivera en lui l'égocentrisme avec tout ce qu'il comporte de haine et de désintérêt pour autrui.

La législation islamique insiste fortement sur ce dernier point (non-gâterie de l'enfant), puisque tout le comportement islamique repose sur deux principes: l'abnégation et la philanthropie (l'allocentrisme, l'altruisme, l'amour d'autrui). L'observation de ces deux principes n'est pas restreinte à l'étape de la première ou de la seconde enfance, mais couvre les deux étapes à la fois. En effet la législation islamique présente des recommandations spécifiques relativement à chacune des deux étapes, et d'autres générales se rapportant aux deux étapes à la fois, et même aux étapes de la maturité.

Toujours est-il que la tendresse en général demeure l'objet de l'attention particulière de l'Islam tant que l'enfant ressent son impuissance et sa dépendance de ses parents ou tuteurs, ou tant qu'il conçoit que ceux-ci constituent la seule source de la satisfaction de ses besoins, et ce abstraction faite de l'étape de croissance dans laquelle il se trouve, la première ou la seconde. Cependant, l'accent est mis plus sur la première étape que sur la seconde, en ce qui concerne la nécessité des tendres soins auxquels l'enfant a droit, pour la simple raison que la première est caractérisée par sa nature ludique et dénuée de tout discernement, lequel manifeste ses prémices lors de la seconde et autorise par conséquent une certaine forme de "sanction", comme nous allons le voir.

Les textes qui suivent nous donnent une idée des recommandations islamiques sur la nécessité de couver de tendres soins les enfants de cette étape, qui conçoivent que l'unique source de la satisfaction de leurs besoins sont leurs tuteurs (parents) :

«Aimez vos enfants et soyez compatissants envers eux. Si vous leur promettez quelque chose, tenez vos promesses, car ils ne peuvent concevoir autre chose que vous devez pourvoir à leurs besoins».(44)

«Embrassez beaucoup vos enfants...».(45)

Selon l'Imam al-Sâdiq (p), un jour un homme est venu voir le Prophète (P) et lui a dit : «Je n'ai jamais embrassé un enfant!». Lorsqu'il est parti, le Prophète (P) dit :

«Cet homme est à mon avis au nombre des gens de l'Enfer».(46)

Le Prophète (P) dit aussi :

«Quiconque a un enfant, qu'il joue aux enfants avec lui».(47)

La raison de ces recommandations de tendresse pour les enfants tient sans doute aux effets bénéfiques de celle-ci sur leur affectivité et leur structure psychologique.

Mais si nous mettons de côté ce principe (selon lequel l'enfant ressent ses parents comme la seule source de la satisfaction de ses besoins), la recommandation de prodiguer la tendresse aux enfants s'explique par un autre principe de l'enfance: leur innocence et leur immaturité mentale.

Ce principe fait l'objet à son tour des recommandations de la législation islamique, puisque celle-ci nous demande de ne jamais brutaliser un enfant pendant sa première année d'âge. Ainsi le Prophète dit:

«Ne frappez pas vos enfants parce qu'ils pleurent, car les pleurs des enfants pendant les quatre premiers mois de leur vie, exprime "leur attestation qu'il n'y a de Dieu qu'Allah", pendant les quatre mois suivants, "leur Prière sur le Prophète (P), et pendant les quatre mois qui les suivent, " le do'â' (l'imploration) pour leurs parents"».(48)

Ce texte dénote l'absence de toute action pédagogique pendant la première année de la vie de l'enfant, et contredit donc les hypothèses ou les affirmations de certaines recherches laïques signalant les activités de cette étape (l'étape buccale) et leurs effets sur le comportement.

La recommandation de traiter l'enfant avec beaucoup de douceur et d'affection est associée dans le domaine de l'éducation et de la formation psychologique à un principe important pour les recherches laïques : le phénomène de jalousie que suscite la naissance d'un nouveau-né chez son aîné, en raison de la rivalité dans la tendresse, laquelle est désormais manifestée généralement plus envers son frère cadet qu'envers lui-même. De ce fait, ils insistent sur la nécessité pour les parents de prendre garde à ce phénomène, de traiter les deux enfants avec une tendresse et une affection égale, ou du moins, de ne pas négliger l'aîné des deux, afin que cette négligence ou le traitement de faveur accordé à son frère cadet ne le prédestinent à l'acquisition de tendances agressives graves.

La législation islamique pour sa part tient compte de ce phénomène de jalousie et tente de le pallier en réclamant aux parents de partager également leur affection envers les deux enfants rivaux.

Ainsi, selon un Hadith, le Prophète (P) ayant vu un homme embrasser l'un de ses deux enfants en négligeant l'autre, lui dit :

«Veux-tu les traiter sur un pied d'égalité !».(49)

Il va de soi que cette réclamation sous-tend le risque de l'apparition d'une tendance agressive chez l'enfant négligé.

Mais la législation islamique évoque ce problème d'une façon plus explicite et plus claire encore, lorsqu'elle rappelle aux parents, dans l'histoire de Yûsuf (Josef) et ses frères, qu'un traitement de faveur accordé à un enfant aux dépens d'un autre laissera des traces sur la future personnalité de ce dernier et développera en lui les sentiments de jalousie et d'envie, comme cela s'est produit chez les frères de Yûsuf, dont la tendance agressive fut tellement développée qu'ils n'hésitèrent pas à prendre la décision de jeter ce dernier dans un puits.

S'il ne reste aucun doute sur l'importance pédagogique que la législation islamique accorde au traitement égalitaire envers les enfants, l'Islam refuse toutefois de conférer à ce fait le caractère d'irréversibilité et de prédéterminisme dont le revêt la recherche laïque. Autrement dit, alors que les psychologues laïcs professent que la préférence montrée à un enfant par rapport à un autre aboutira inévitablement à une tendance agressive irréversible et incorrigible, l'Islam, tout en admettant l'importance d'un traitement égalitaire, refuse de considérer les effets négatifs d'un traitement préférentiel sur la personnalité future de l'enfant comme irréversibles, étant donné qu'il considère que l'étape de la maturité est la seule à même de former le caractère final et définitif de l'être humain. De là, on remarque que la législation islamique, bien qu'elle donne sa préférence au traitement égalitaire, ne récuse pas totalement un traitement préférentiel, quand la situation l'exige. Ainsi, lorsque quelqu'un demanda un jour à l'Imam Mûsâ Ibn Ja'far al-Khâdhim (p) : «Un homme qui a plusieurs enfants issus de différentes mères, peut-il préférer les uns aux autres ?», il répondit:

«Pourquoi pas ! Mon père me préférait à (mon frère) Abdullâh !».(50)

De même, lorsqu'on demanda à l'Imam Ali al-Redhâ (p): «s'il est permis à un homme qui a plusieurs enfants, d'aimer les uns plus que les autres et de préférer les uns aux autres», il répondit :

«Oui, car Abû Abdullâh (l'Imam al-Sâdiq) l'a fait (...) et Abû-l-Hassan (l'Imam al-Kâdhim) l'a fait ...».(51)

Ces deux textes démentent donc indirectement mais indubitablement la thèse des psycho-pédagogues laïcs selon laquelle l'éducation donnée à l'enfant joue un rôle déterminant dans la formation du comportement futur de l'individu et confirment ce que nous venons de signaler à propos du caractère foncièrement ludique de l'étape de la première enfance. Et si nous reprenons l'histoire de Yûsuf et de ses frères avec plus de détails, nous remarquons qu'elle ne fait que confirmer le message indirect que nous livre le contenu des deux textes ci-dessus, à savoir que la conscience de l'adulte peut corriger les tendances acquises pendant l'étape de l'enfance. En effet, s'il est vrai que les frères de Yûsuf, animés qu'ils étaient par leur jalousie de leur frère et poussés par leur tendance agressive qui s'était développée en eux à cause de cette jalousie, ont comploté contre lui et l'ont jeté dans le puits, il n'est pas moins vrai qu'ils ont fini par avoir conscience de leurs sentiments jaloux(52) et par les changer, lorsqu'ils ont compris la position sublime de leur frère auprès d'Allah.

Moralité : Si on se réfère à l'histoire de Yûsuf avec ses frères et au fait que les Imams ont préféré certains de leurs fils à leurs autres fils, on peut conclure que la législation islamique admet un tel traitement préférentiel dans la mesure où il n'entraînera pas de conséquences irréversibles sur le comportement futur de l'individu. Cependant l'Islam favorise le traitement égalitaire entre les enfants afin de leur épargner le processus de réforme et d'amendement du caractère, comme nous l'a recommandé l'Imam (p) en invoquant l'histoire de Yûsuf et ses frères. Par conséquent il est important que le Musulman n'adhère pas à l'opinion des psychologues laïcs qui présentent comme une évidence et une vérité indiscutable le caractère déterminant des tendances acquises pendant l'enfance. Autrement, il serait porté à décharger l'adulte de la responsabilité de son comportement et de ses actes, ce qui est une contre-vérité que l'Islam ne saurait admettre.


source : sibtayn
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