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La dot et L'entretien

La dot et L'entretien

la première section

C'est une des plus anciennes traditions, dans les relations familiales, que de payer lors du mariage une dot à la femme ou à son père. En outre l'homme doit se charger des dépenses de sa femme et de ses enfants..

Quelles sont les racines de cette tradition ? Comment, et pourquoi, a-t-elle commencé ? Pourquoi l'homme doit-il se charger de l'entretien de sa femme ? Quelle est la philosophie de la dot ? La dot et l'entretien resteraient-ils pertinents, même si l'homme et la femme jouissaient de tous les droits humains et naturels, et que les relations entre eux étaient fondées sur la justice et l'équité ? Ou bien sont-ils seulement des survivances des époques où l'homme possédait la femme ? La justice et l'égalité des droits, notamment au XXe siècle, exigent-elles que ces traditions d'une autre époque soient abolies, que le mariage se fasse sans dot, que la femme se charge elle-même de ses dépenses, et que les enfants soient à la charge conjointe du mari et de la femme ?

Nous nous proposons de répondre à ces interrogations en commençant par la question de la dot. Voyons comment cette tradition a vu le jour, quelle est sa philosophie, et comment les sociologues expliquent son origine ?

 Un bref historique de la dot

On dit qu'à l'époque préhistorique l'homme menait une vie sauvage qui avait une forme tribale. Pour une raison inconnue, le mariage était interdit entre le mâle et la femelle du même sang. Par conséquent, les jeunes hommes d'une tribu qui voulaient se marier, étaient obligés de choisir leurs épouses dans une autre tribu. Ils rendaient souvent visite à d'autres tribus dans ce but. A cette époque-là, l'homme n'était pas conscient de son rôle dans l'engendrement des enfants. Il croyait que les enfants appartenaient exclusivement à leur mère. Bien qu'il se rendît compte que les enfants lui ressemblaient beaucoup, il ne comprenait pas la cause de cette ressemblance. Evidemment, les enfants aussi croyaient qu'ils appartenaient à leur mère et non à leur père. A l'époque, la généalogie était tracée à travers les mères. Les hommes étaient considérés comme stériles et improductifs. Après le mariage, ils restaient dans la tribu de leurs femmes comme de simples auxiliaires, parce que la femme avait besoin de la compagnie de son mari. Cette période s'appelait l'époque du matriarcat.

Mais l'homme ne tarda pas à découvrir son rôle dans la procréation, et à croire que les enfants lui appartenaient en réalité. Dès lors, il imposa sa domination à la femme et assuma le rôle du chef de la famille. Et là commença la période du patriarcat.

Pendant cette période aussi le mariage entre des gens du même sang fut prohibé, et l'homme devait choisir sa femme dans une autre tribu et l'amener chez la sienne. Et, étant donné qu'il y avait constamment des guerres entre les tribus, le seul moyen qui restait à l'homme pour avoir une femme était de la kidnapper dans quelque autre tribu.

Progressivement la paix prit la place de l'état de guerre, et les tribus purent vivre dans une cxistence pacifique. Pendant cette période, la coutume du kidnapping des filles fut abolie. Pour obtenir la fille qu'il désirait, l'homme se rendait dans sa tribu et travaillait pour le compte de son père pendant un certain temps. En contrepartie des services rendus par le prétendant, le père lui accordait la main de sa fille, et il la ramènait avec lui dans sa tribu.

Lorsque la monnaie est entrée en scène, l'homme découvrit qu'au lieu de servir son futur beau-père pendant des années, il valait mieux lui offrir une somme d'argent convenable et prendre la fille désirée, immédiatement. Telle fut l'origine de la dot.

Ainsi, selon ce récit, au début l'homme vivait comme un auxiliaire de la femme et au service de celle-ci. Pendant cette période la femme régnait sur l'homme. A l'étape suivante, lorsque le pouvoir passa aux mains de l'homme, celui-ci kidnappait sa future femme dans une autre tribu. Au cours de la troisième étape, pour avoir une femme, l'homme se rendait chez le père de celle-ci et le servait pendant des années. Pendant la quatrième étape, l'homme offrait une somme d'argent au père de la fille désirée. Telles sont les quatre étapes de l'institution de la tradition de la dot.

On dit que depuis l'époque où l'homme a aboli le système matriarcal et posé la fondation du patriarcat, la femme fut réduite au statut d'esclave, ou, au mieux, d'employée et de servante chez l'homme. Celui-ci la regardait comme un outil économique, qui pouvait, à l'occasion, satisfaire sa volupté aussi. Il ne lui accordait pas une indépendance sociale ou économique. Le fruit du travail de la femme appartenait soit à son père, soit à son mari. Elle n'avait pas le droit de choisir son mari, ni de mener une activité économique pour son propre compte. L'argent que l'homme payait à titre de dot, et les dépenses qu'il supportait à titre d'entretien [nafaqah], représentait la contrepartie des gains économiques qu'il tirait d'elle tout au long de la période de leurs relations conjugales.

La dot dans le système islamique de droits

Il y a aussi une cinquième étape à propos de laquelle les sociologues et les autres commentateurs ont gardé le silence. Pendant cette étape, l'homme offre un cadeau à la femme elle-même, et aucun de ses parents n'a le droit d'en disposer. La femme reçoit le cadeau, tout en préservant son indépendance sociale et économique. Elle choisit son mari librement, et non selon la volonté de son père ou de son frère. En outre, ni son père, ni son mari, n'ont aucun droit de l'asservir ou de l'exploiter. Le produit de son travail et de ses efforts lui appartiennent exclusivement, à elle. En matière financière, elle n'a besoin du contrôle ni du patronage de personne.

Le mari a un droit seulement. Il peut jouir sexuellement de sa femme. Tant que leurs relations conjugales durent, le mari a l'obligation de pourvoir aux besoins légitimes de sa femme, dans les limites de ses moyens financiers.

C'est l'étape que l'Islam reconnaît, et sur laquelle il a fondé les relations matrimoniales. Dans beaucoup de versets coraniques, l'accent est mis sur le fait que la dot appartient exclusivement à la femme elle-même, que le mari doit en outre l'entretenir et couvrir ses dépenses, et que tout ce qu'elle gagne elle-même appartient à elle, personnellement, et à personne d'autre, ni même le mari ou le père.

C'est là que la question de la dot et de l'entretien dus à la femme devient un peu intrigante. Tant que la dot était payée au père de la fille, que celle-ci allait à la maison de son mari, comme une esclave, et que le mari pouvait l'exploiter économiquement, la question était facile à comprendre et à expliquer : la dot était payée comme le prix de la fille, et celle-ci devait être entretenue comme n'importe quel autre esclave. Mais dès lors que rien n'est à payer au père de la fille, que le mari n'a pas le droit de l'exploiter, que la femme a une indépendance économique et que, concernant ses droits, elle n'a besoin du contrôle et du patronage de personne, quelle est donc la signification du paiement d'une dot et l'allocation d'une pension ?


source : http://www.sibtayn.com/fr
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